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Discours funéraires · 26 min de lecture

Que dire pour un an de décès : six discours et des messages

Que dire pour un an de décès : six discours à adapter, du 40e jour à la messe anniversaire et au cimetière, et des messages courts pour le jour même.

Par l'équipe Goodbye App · 20 octobre 2026

Un jeune homme se lève pour prendre la parole à une table de famille dressée en plein air, écouté par une femme âgée et une fillette
Photo de Askar Abayev sur Pexels

Que dire pour un an de décès, quand toute la famille se retrouve ? Les obsèques avaient leur déroulé, et ce sont surtout d'autres qui l'avaient écrit. Les réunions qui suivent n'en ont pas. Au 40e jour, au premier anniversaire, ou au cimetière quand la pierre tombale est enfin posée, la famille prend place, la pièce se tait, et les regards se tournent vers celui ou celle qui a invité.

Ce sera peut-être vous : on vous a demandé quelques mots pour l'anniversaire du décès, ou vous recevez et vous savez qu'on en attendra. Voici six discours courts à adapter, du repas du 40e jour jusqu'à l'invité prié de dire un mot sans avoir été prévenu. Viennent ensuite les messages pour un an de décès, à envoyer le jour même à ceux qui traverseront cette journée seuls. Tous les discours, et toutes les personnes qui y figurent, sont inventés : empruntez la forme, et mettez-y vos rues, vos plats et vos dates.

Les réunions après les obsèques, et qui prend la parole

Un discours pour un anniversaire de décès est une courte prise de parole, en général d'une à trois minutes, que l'hôte ou un membre de la famille prononce lors de l'une des réunions qui suivent les obsèques. Ces réunions ne sont pas de secondes obsèques. Elles sont plus petites, vingt personnes plutôt que deux cents, surtout de la famille, et elles s'organisent autour d'un repas : un déjeuner à la maison, une salle paroissiale et sa grande cafetière, une pagode, ou un petit cercle au cimetière qui se passe un thermos. Le ton, lui aussi, a changé. Au 40e jour, et plus encore au bout d'un an, beaucoup ont des histoires à raconter, et certaines sont drôles.

Celui ou celle qui prend la parole est en général l'hôte : la veuve ou le veuf, l'aîné des enfants, la personne qui a envoyé les invitations. Si un prêtre, un rabbin ou un moine célèbre d'abord un office, cette partie lui revient. La part de la famille est courte : remercier, dire une chose vraie sur la personne, et inviter tout le monde à passer à table. Parfois, on demande à un ami d'ajouter quelques mots, souvent à l'improviste.

La première année, tradition par tradition

La plupart des traditions marquent plus d'un jour au cours de la première année. La dernière colonne indique où quelques mots de la famille trouvent en général leur place, s'ils en trouvent une.

TraditionJours souvent marquésComment on les marqueOù placer quelques mots
CatholiqueEn France, en Belgique ou au Québec : dans certaines familles, une messe quelques semaines après les obsèques, puis la messe anniversaire, autour de la date du décès. Ailleurs : la missa de sétimo dia au Brésil, vers le 7e jour ; le novenario au Mexique, neuf jours de prière ; le trigesimo en Italie, au 30e jour ; le month's mind en Irlande, vers le 30e jour.Une messe, pas toujours le jour exact, souvent suivie d'un repas ; les paroisses reçoivent les demandes de messe pour un défunt, et dans bien des paroisses son nom est simplement cité pendant une messe ordinaire.Demandez tôt au prêtre : à la fin de la messe, ou au repas.
Protestants et familles sans religionSouvent seulement le premier anniversaireUn repas, une visite au cimetière, parfois un culte.Où l'hôte le souhaite ; avant le repas, c'est souvent le bon moment.
JuiveLes chloshim, les 30 jours comptés à partir de l'inhumation ; la pose de la matsévah, la pierre tombale, dans le courant ou à la fin de la première année ; le yahrzeit chaque annéeLa pose de la pierre au cimetière, avec des psaumes et des prières ; le yahrzeit, selon le calendrier hébraïque, souvent avec une bougie qui brûle 24 heures.À la pose de la pierre ; demandez au rabbin.
MusulmaneCertaines familles marquent le 40e jour ou l'anniversaire, et beaucoup ne le font pasLà où on le marque, une réunion de la famille et des amis ; les savants divergent sur les réunions à date fixe.Suivez l'exemple de la famille, et celui de son imam.
OrthodoxeLes 3e, 9e et 40e jours, puis le premier anniversaireUn office des défunts à l'église ou au cimetière, souvent suivi d'un repas ; chez les orthodoxes grecs, les commémorations comprennent un plat de blé bouilli appelé koliva.Au repas, après l'office.
VietnamienneDes rites plus modestes à 49 et 100 jours dans certaines familles ; le giỗ đầu, le premier anniversaire du décèsCélébré à la date lunaire, avec des offrandes puis un repas de famille ; le giỗ đầu est le plus important.Au repas, une fois les offrandes faites ; demandez aux anciens.
Chinoise头七 (tóuqī), le septième jour ; tous les sept jours jusqu'au 七七 (qīqī), le 49e ; 百日 (bǎirì), le 100e jour, dans certaines régions ; puis le premier anniversaire, 周年 (zhōunián ; 對年, duìnián, à Taïwan)Très variable selon la région et la religion.Demandez aux anciens de la famille.
Bouddhiste japonaiseLe 49e jour, shijūkunichi (四十九日) ; isshūki (一周忌) au bout d'un an ; sankaiki (三回忌) au bout de deux ans, l'année du décès comptant comme la premièreUn office bouddhique, puis un repas.Les brèves salutations de l'hôte ; c'est en général un parent âgé qui porte le toast du souvenir.
CoréennePour les familles bouddhistes, le sasipgujae (49재), des rites tous les sept jours jusqu'au 49e ; puis le premier anniversaire, il-jugi (1주기), et chaque giil (기일)Beaucoup de familles célèbrent le gijesa (기제사), un rite pour les ancêtres à la maison ; les familles protestantes tiennent souvent à la place un culte à la maison, le chudo yebae (추도예배).Demandez à la famille ; pour un culte à la maison, au repas qui suit.
Catholique philippineLe pasiyam, le 40e jour, et la babang luksa au bout d'un anNeuf soirs de prière qui se terminent par un repas ; une messe au 40e jour ; au bout d'un an, un office qui met fin au deuil.Au repas du pasiyam, ou après la messe du 40e jour si le prêtre est d'accord.
HindoueLe 13e jour dans beaucoup de familles, et le shraddha chaque annéeUn rite et un repas partagé le 13e jour ; le shraddha à la date du décès selon le calendrier hindou. Les noms et les jours varient selon les régions.Demandez au prêtre de la famille ou aux anciens.

Ce tableau décrit ; il ne prescrit rien. Les familles d'une même religion diffèrent, et deux villages voisins aussi. Avant de prévoir quoi que ce soit, demandez à la personne qui garde les usages dans votre famille : le prêtre, le rabbin, la pagode ou le temple, l'imam, ou la tante qui sait toujours.

Un chrysanthème blanc qui flotte dans un bol de verre transparent rempli d'eau, vu de près
Photo de Irina P sur Pexels

Comment construire un discours pour un anniversaire de décès

Quel que soit le jour, un discours pour un anniversaire de décès qui fonctionne comporte en général quatre parties, dans cet ordre.

  • Les remerciements. À tous ceux qui sont venus, et nommément aux quelques personnes qui ont soutenu la famille cette année : la voisine qui a emmené les enfants à l'école pendant un mois, le cousin qui a patienté des heures au téléphone avec la banque. À la messe, remerciez d'abord le célébrant.
  • Les nouvelles qu'ils ont manquées. Ce qui s'est passé depuis : un petit-enfant est né, une maison a été vendue, un chien attend encore devant la porte à six heures. La plupart des invités veulent savoir comment va la famille et sont trop polis pour le demander.
  • Une histoire apprise depuis les obsèques. Les obsèques délient les langues. Quelqu'un vous raconte, à la collation après l'enterrement, une chose que vous ignoriez, ou vous trouvez un mot dans la poche d'un manteau au mois de mars. Une seule de ces histoires en vaut cinq que toute la salle connaît déjà.
  • Ce que vous continuez. Une chose que vous faites désormais à cause d'elle ou de lui, dite simplement. Puis terminez par un verre levé, un moment de silence, ou tout simplement une invitation à passer à table.

Pour l'orateur principal, une à trois minutes, c'est la bonne durée. À environ 130 mots par minute, le rythme de quelqu'un qui lit lentement devant une salle, cela fait 130 à 390 mots, une page ou deux en gros caractères. Avec le plat qui refroidit, faire court est une gentillesse.

Ce n'est pas un second éloge funèbre. Personne n'a besoin d'entendre à nouveau les dates, la carrière et la liste des petits-enfants. Pour les obsèques elles-mêmes, commencez par notre guide pour écrire un éloge funèbre, ou par les textes d'une ou deux minutes de nos exemples d'éloges funèbres courts. Les mots destinés à la personne disparue, plutôt qu'à la salle, ont leur place dans une lettre : voyez la lettre non envoyée à une personne décédée.

Dans les premières semaines : le 7e, le 9e ou le 40e jour

Lors d'une réunion du 40e jour, les mots de l'hôte peuvent être simples : remercier chacun d'être revenu, raconter une histoire entendue depuis les obsèques, et demander à la salle de se lever un instant avant le repas. Ce discours est celui d'un fils pour sa mère, à ce repas, environ deux minutes et demie à voix haute.

Merci d'être revenus. Certains d'entre vous ont fait une longue route deux fois en six semaines. Je sais ce que cela coûte, et Maman le savait aussi.

Aux obsèques, je pensais que ce serait moi qui raconterais des histoires sur elle. Au lieu de cela, j'ai passé tout l'après-midi à en écouter. Alors je voudrais vous en rendre trois.

Une dame, Yvette, que je n'avais jamais rencontrée, m'a raconté que Maman la raccompagnait chez elle depuis l'arrêt de bus de la rue des Tilleuls tous les jeudis, pendant trois ans, depuis qu'Yvette avait perdu la vue. Maman n'en a jamais parlé. Pas une seule fois.

Son ancien patron, à la boulangerie, m'a dit qu'elle était la seule de l'équipe du matin à savoir faire démarrer les fours en janvier, et qu'elle chantait en le faisant. En quarante et un ans, je n'ai jamais entendu ma mère chanter. Apparemment, c'était ABBA, à cinq heures du matin, et apparemment, elle chantait bien.

Et ma cousine Sandrine m'a raconté que, quand elle a quitté la maison à dix-sept ans sans savoir où aller, c'est Maman qui lui a envoyé le premier mois de loyer, avec un mot qui disait : « Ne me rembourse pas. Un jour, fais-le pour quelqu'un d'autre. »

Je croyais la connaître tout entière : ses chaussons, son écriture, sa façon de m'appeler par mon prénom et mon nom quand j'avais fait une bêtise. En fait, il y avait une seconde vie, faite de petites gentillesses, qui se déroulait en marge de celle que je voyais, et elle la gardait pour elle parce qu'elle trouvait que cela ne regardait personne.

Je ne peux pas être elle, et je ne sais pas chanter non plus. Mais désormais, chaque jeudi, je ferai quelque chose pour quelqu'un qui ne saura jamais que c'était moi, et je penserai à un arrêt de bus.

Avant de passer à table, voulez-vous bien vous lever avec moi un instant ? Vous n'avez rien à dire. Pensez simplement à elle, celle que vous avez connue.

[Attendez que la salle soit silencieuse, puis comptez jusqu'à dix.]

Merci. Asseyez-vous, et mangez. Elle aurait horreur qu'un plat refroidisse.

Pourquoi ça marche. Il rend aux invités les histoires qu'ils lui ont confiées, si bien que chacun entend ses propres souvenirs dits à voix haute, et c'est la seule vraie surprise, le chant, qui fait rire. La promesse est petite et précise : le jeudi, et non le vœu de devenir quelqu'un de meilleur. Se lever donne à chacun quelque chose à faire de ce qu'il ressent, avant que les assiettes circulent.

Pour le 7e ou le 9e jour. Les obsèques ne datent peut-être que de quelques jours. Gardez les remerciements, une histoire et le moment debout : environ une minute, soit 130 mots. Si aucune histoire nouvelle ne vous est encore parvenue, prenez-en une entendue aux obsèques, et dites qui vous l'a racontée.

Après la messe anniversaire ou un office

En France, en Belgique ou au Québec, beaucoup de familles catholiques font dire une messe anniversaire autour de la date du décès, et certaines une messe dans les semaines qui suivent les obsèques. Ailleurs, c'est la missa de sétimo dia au Brésil, le month's mind en Irlande, la messe qui clôt le novenario au Mexique. Beaucoup de familles préfèrent aussi se retrouver entre elles, sans messe. Ce discours est celui d'une fille pour son père, à la fin d'une messe anniversaire ou au déjeuner qui suit, environ une minute et demie à voix haute. Pour une messe dite un mois après les obsèques, remplacez « il y a un an » par « il y a un mois » ; pour une messe dite quelques jours après, par « la semaine dernière », et supprimez les oranges.

Père Bernard, merci pour cette messe, et merci d'être venu voir Papa à l'hôpital au mois de mai. Il en a parlé pendant une semaine.

Au nom de ma mère, de mes frères et en mon nom, merci à tous d'être là. Il y a un an, cette église était pleine, et je ne voyais presque aucun d'entre vous. Aujourd'hui, je vous vois, alors laissez-moi vous remercier comme il se doit.

Merci à ceux qui nous ont nourris. Il y a eu onze gratins dauphinois. Nous avons compté. Évelyne, ta soupe a tenu ma mère debout pendant ces premiers jours. Et quelqu'un, qui ne s'est toujours pas dénoncé, a déposé un filet d'oranges sur notre perron tous les samedis. Nous savons que c'est l'un d'entre vous.

Merci aux copains du club de pétanque qui ont porté son cercueil, et à tous ceux qui appellent ma mère le soir, parce que le soir est le moment le plus dur de sa journée.

Papa voudrait que je fasse court, alors voici la seule phrase sur lui : il réparait votre portail avant même que vous remarquiez qu'il était cassé, et ensuite il jurait que ce n'était pas lui.

Il y a un déjeuner à la salle paroissiale, et beaucoup trop à manger, parce que c'est ma mère qui a cuisiné. Venez, et restez aussi longtemps que vous voudrez. S'il a un jour réparé votre portail, ma mère serait heureuse que vous le lui racontiez.

Demandez d'abord au prêtre, et tôt. À la messe catholique, l'homélie revient au prêtre ou au diacre, jamais à un laïc. Les règles de l'Église demandent de préférence que les laïcs prennent la parole en dehors de la messe, et n'autorisent quelques mots après la prière après la communion que pour une raison grave, comme l'explique Catholic Answers (en anglais), si bien que beaucoup de prêtres proposent plutôt le repas. Posez la question au moment où vous demandez la messe, pas à la sacristie cinq minutes avant. Si la famille choisit les lectures, choisissez-les avec lui, et gardez les remerciements pour la fin.

Le même discours fonctionne presque sans changement après un culte protestant, ou lors d'un déjeuner sans aucune cérémonie. Supprimez la phrase au prêtre et la mention de l'église, et gardez les oranges.

Discours pour le premier anniversaire de décès

Le premier anniversaire est souvent la plus grande réunion depuis les obsèques, et la moins solennelle : un déjeuner à la maison, la belle vaisselle, des enfants sous la table. Ce discours pour un an de décès est celui d'un mari pour sa femme, à ce déjeuner, environ trois minutes à voix haute, construit sur l'année des premières fois.

Il y a un an, cette semaine, la plupart d'entre vous étaient dans cette pièce, l'assiette sur les genoux, et je ne me souviens pas d'un seul mot de ce qu'on m'a dit. Alors merci d'être revenus, et de me laisser dire quelque chose, cette fois.

On m'avait prévenu : la première année, c'est l'année des premières fois. On avait raison, elles arrivent. Personne ne m'avait dit à quel point la plupart seraient minuscules. Je voudrais vous en raconter trois.

La première, c'était le 9 mars, l'anniversaire de Chantal. J'ai acheté la tarte au citron par habitude, à la boulangerie du coin, et j'étais à mi-chemin de la maison quand j'ai compris ce que je venais de faire. Je l'ai apportée à côté, chez Ginette, et nous l'avons mangée debout dans sa cuisine. Elle m'a raconté le jour où Chantal avait embouti son mur en reculant, et était revenue une heure plus tard avec une tarte au citron pour s'excuser. Ça a été le meilleur moment de mon mois de mars.

La deuxième, c'était en avril. Quelques semaines avant sa mort, Chantal avait planté des bulbes tout le long de la clôture du fond, et elle refusait de me dire ce que c'était. Un matin, j'ai ouvert les rideaux et toute la clôture était jaune. Des tulipes, des centaines. J'ai décidé qu'elle les avait plantées pour moi.

La troisième, c'était en août. Notre petite-fille Jade a dit son premier mot, et c'était « Mamie ». Pas Maman, pas Papa, et pas Papi, qui la tenait dans ses bras à ce moment-là. Jade avait quatre mois quand Chantal est morte, trop petite pour se souvenir d'elle. Elle la connaît par la photo sur le frigo, que sa mère lui montre du doigt tous les matins.

Cette année, j'ai appris à faire beaucoup de choses que Chantal faisait toujours. Je sais quel soir on sort les poubelles. Mais ce dont je suis le plus fier, c'est un coup de téléphone. Pendant quarante ans, tous les dimanches à six heures du soir, Chantal appelait sa sœur Nicole, à Montréal. En février, c'est moi qui ai appelé. Je l'appelle tous les dimanches depuis. La plupart du temps, nous parlons de Chantal. Nicole n'a pas pu faire le voyage aujourd'hui, alors je le lui dis d'ici : Nicole, je t'appelle à six heures.

Il y a à manger dans la cuisine, les recettes de Chantal, ratées par moi et réussies par nos filles. Servez-vous. Et si vous avez sur elle une histoire que je n'ai pas encore entendue, j'aimerais la connaître. Je les collectionne.

Pourquoi ça marche. Chaque première fois a un mois et un objet : une tarte au citron, une clôture de tulipes, un mot. Aucune n'est la première fois attendue, le côté vide du lit, et chacune transforme une absence en quelque chose qui est arrivé. Il termine sur une chose qu'il fait plutôt que sur ce qu'il ressent, parce que ceux qui se sont inquiétés pour lui toute l'année veulent savoir qu'il s'en sort.

Pour l'adapter. Changez les prénoms et les pronoms, échangez « Mamie » et « Papi », et il convient à une épouse, à un mari, à un compagnon ou à une compagne. Prenez vos trois premières fois à vous, dans l'ordre des dates. Si l'une a été dure plutôt que douce, dites-le ; le discours n'a pas à prétendre que l'année a été bonne.

Une femme âgée tient le portrait encadré d'un homme, vue par-dessus son épaule
Photo de Kampus Production sur Pexels

Au cimetière, ou à la pose de la pierre tombale

Certaines familles marquent la première année au cimetière. Dans les familles juives, c'est souvent la pose de la matsévah, la pierre tombale : on la consacre, et l'on retire le voile qui la couvre. Elle a lieu en général dans le courant ou à la fin de la première année, à n'importe quel moment après la chiv'a ; les usages varient, et la famille fixe la date avec le rabbin et le cimetière. La cérémonie comprend des psaumes et des prières, et toute personne choisie par la famille peut retirer le voile. Certains rabbins accueillent volontiers un éloge funèbre, tandis que les conseils du judaïsme réformé américain suggèrent plutôt une ou deux histoires courtes et tendres. Demandez au rabbin ce qui convient.

En France, le monument est souvent posé plusieurs mois après l'inhumation, le temps que la terre se tasse, et certaines familles se donnent rendez-vous au cimetière ce jour-là ; en Afrique du Sud, beaucoup de familles, pas seulement juives, font de la pose de la pierre une vraie cérémonie. D'autres se retrouvent simplement sur la tombe le jour anniversaire, avec des fleurs pour tout programme. Ce discours est celui d'une petite-fille, le jour où l'on dévoile la pierre tombale de son grand-père, environ deux minutes à voix haute.

Merci à tous d'être venus par ce matin froid. Papi aurait fait une remarque sur le froid, et puis il aurait donné son écharpe à quelqu'un.

Il a fallu presque un an à la famille pour se mettre d'accord sur ce qu'on graverait sur sa pierre. On m'a demandé de vous le lire, et de vous dire pourquoi nous l'avons choisi.

Sous son nom et ses dates, il est écrit : « On a le temps. Assieds-toi. »

C'étaient les mots qu'il disait à chacun d'entre nous sur le pas de sa porte. On arrivait en retard et essoufflés, en s'excusant pour les bouchons, et il nous prenait le manteau en disant : « On a le temps. Assieds-toi. » Il l'a dit à mon père le matin de son mariage, quand Papa tournait en rond dans l'entrée. Il me l'a dit la veille de mon premier examen. Il l'a dit au plombier.

Nous avions d'autres idées. Mamie voulait un vers de Victor Hugo. Mon oncle voulait « Époux, père et grand-père bien-aimé », ce qui est vrai, et qu'on lit sur la moitié des pierres de cette allée. Finalement, Mamie a dit ce que Papi aurait dit : que tout cela prenait beaucoup trop de temps, et qu'on ferait mieux de s'asseoir. Alors nous avons choisi ses mots à lui.

J'aime qu'ils soient ici, où les gens passent pressés, des fleurs et des clés de voiture à la main. Des inconnus les liront. Certains ralentiront peut-être.

Papi, la pierre est posée. On a le temps. Nous allons rester un moment assis avec toi.

Lire l'inscription à voix haute, et dire pourquoi la famille l'a choisie, c'est le ressort propre à ce discours. Lors de certaines poses de matsévah, c'est le rabbin qui lit l'inscription pendant la cérémonie : demandez donc qui la lira. Cela fonctionne parce que c'est la pierre que tout le monde regarde. Si la vôtre ne porte que des noms et des dates, dites plutôt pourquoi vous avez choisi l'endroit. La même forme donne un discours pour la pose de la pierre tombale d'une mère ou d'une grand-mère : lisez sa phrase sur la pierre, et racontez l'histoire qui se trouve derrière.

Ouvrir et clore le repas quand on reçoit

L'hôte prend la parole plus d'une fois, brièvement à chaque fois. Au Japon, l'hôte salue les invités quatre fois : au début et à la fin de l'office, puis au début et à la fin du repas. Un guide japonais des usages funéraires (en japonais) conseille une minute au plus pour chaque prise de parole, ce qui est une bonne règle partout. Voici les mots de l'hôte pour une réunion du souvenir, écrits pour une mère ; changez le prénom et le pronom, et au 40e jour remplacez « un an » par « quarante jours ».

L'accueil, environ 30 secondes.

Merci à tous d'être venus. Cela fait un an que nous avons perdu [Prénom], et la seule chose dont nous étions sûrs, c'est que nous voulions réunir à nouveau dans une même pièce les gens qui l'ont connue. Certains d'entre vous viennent de loin, et certains ont frappé à notre porte chaque semaine depuis. Merci aux uns comme aux autres. Nous passerons bientôt à table, mais d'abord, j'aimerais vous entendre.

Inviter les autres à parler.

Si quelque chose d'elle vous est revenu cette année, un mot qu'elle avait l'habitude de dire, un endroit où vous êtes allés avec elle, c'est le moment de le raconter. [Prénom de la tante], c'est toi qui l'as connue le plus longtemps. Tu veux bien commencer ?

Demandez-le à cette première personne quelques jours avant, pour que l'invitation ne tombe pas à plat devant une salle muette.

Un verre levé, ou un moment de silence.

Levez votre verre, ou tenez-le simplement, ou baissez la tête, comme vous le sentez. À [Prénom], et à vous tous ici, qui nous avez portés jusque-là.

[Un court silence.] Merci.

Au Japon, le toast du souvenir s'appelle kenpai, et ce n'est pas un toast joyeux : on lève les verres doucement, à hauteur de poitrine, sans jamais trinquer. C'est en général un parent âgé qui le porte plutôt que l'hôte ; lors d'une réunion strictement familiale, l'hôte peut le porter, ou l'on peut s'en passer. Si vous recevez, demandez-le à un oncle ou à une tante bien avant le jour.

La clôture, moins de 30 secondes.

Merci pour aujourd'hui, et pour tout ce que vous avez fait depuis les obsèques. [Prénom] aurait regardé la table, décrété qu'il y avait beaucoup trop à manger, et renvoyé tout le monde chez soi avec des restes : alors prenez une boîte en partant, je vous en prie. Soyez prudents sur la route. Et n'attendez pas une occasion pour revenir.

Si personne ne parle. Laissez le silence s'installer ; une pièce silencieuse, pleine de gens qui ont aimé quelqu'un, n'est pas un échec. Puis lancez-vous le premier, avec une histoire que vous aviez gardée en réserve, ou tournez-vous vers la personne que vous aviez prévenue. Si la salle n'a toujours pas envie de parler, dites gentiment : « Alors passons à table, et vous me raconterez vos histoires au café. » Souvent, les gens retrouvent leur histoire dix minutes plus tard, une tasse à la main.

Si l'on vous demande quelques mots en tant qu'invité

Un invité à qui l'on demande quelques mots, à l'improviste ou la veille, n'a qu'une seule tâche : donner à la famille un morceau de la personne qu'elle n'avait pas. Voici une collègue, lors d'un déjeuner pour le premier anniversaire, en moins d'une minute à voix haute.

Je m'appelle Nadine. J'ai travaillé avec Gérard au dépôt pendant onze ans.

Josiane, Kevin, Léa : il parlait de vous tous les jours, sans exception, alors j'ai l'impression de vous connaître bien mieux que vous ne me connaissez.

Une seule histoire. Chaque mois de décembre, il apportait une boîte de sablés faits par sa mère, la posait sur le bureau commun et collait un mot sur le couvercle : « Comptez-les. Moi, je l'ai fait. » Personne n'en prenait jamais plus de deux. Une fois, j'en ai pris trois, et à midi il le savait. Il n'a pas dit un mot. Le lendemain matin, il y avait un seul sablé sur mon clavier, enveloppé dans une serviette en papier, avec un mot : « Ton quatrième. »

C'est tout ce que je voulais dire. Merci de nous avoir permis de venir aujourd'hui.
  • Parlez à la famille. Employez leurs prénoms, et dites en une phrase qui était cette personne pour vous, pour qu'ils sachent qui vous êtes.
  • Une seule histoire. Choisissez-en une qu'ils n'ont peut-être jamais entendue : du travail, du club, d'avant leur naissance.
  • Pas de conseils. Ni sur le deuil, ni sur ce qu'il aurait voulu.
  • Pas de comparaison entre les deuils. Votre propre père, ou quelqu'un qui a vécu pire : gardez-les pour un autre jour.
  • Rasseyez-vous en moins d'une minute. Environ 120 mots. Si l'on vous a demandé sans prévenir, votre nom et l'histoire suffisent largement.

Message pour un an de décès : les mots à envoyer le jour même

Tout le monde ne sera pas à table, et certaines des personnes les plus proches de la perte, une mère devenue veuve, un frère qui vit loin, passeront la journée elle-même seules. Pour elles, un message compte plus que n'importe quel discours.

Un bon message pour un an de décès a quatre parties et tient dans un SMS : le prénom, un souvenir, je pense à toi aujourd'hui, et pas besoin de répondre. Le prénom, parce que les gens cessent de le prononcer et que la famille le remarque. La dernière partie, parce qu'une personne en deuil qui doit répondre à chaque message s'est vu confier une tâche. Voici huit exemples, selon la personne à qui vous écrivez et le moment ; remplacez les mots entre crochets par les vôtres.

  • À une mère devenue veuve. « Maman, un an aujourd'hui. Je revois sans cesse Papa [devant le barbecue, à refuser toute aide]. Je pense à toi toute la journée. Pas besoin de me rappeler ; je passe après le travail. »
  • À un ami ou une amie. « [Prénom], je sais qu'aujourd'hui, cela fait un an que ta [maman] est partie. Je pense encore à elle chaque fois que je [passe devant la boulangerie de la rue du Moulin]. Je pense à toi aujourd'hui. Tu n'as pas besoin de répondre. »
  • À un frère ou une sœur. « Je pense à Papa aujourd'hui, et à toi. Chaque fois que je [fais un créneau], je l'entends dire “[Vas-y, ça passe, ça passe !]”. Pas besoin de répondre. Je voulais juste que tu ne vives pas cette journée sans personne. »
  • Au 40e jour. « Quarante jours aujourd'hui que [Prénom] nous a quittés. Toute la matinée, j'ai repensé à [son rire à notre mariage]. Je pense à toi et à toute la famille. Pas la peine de me répondre. »
  • Au bout d'un an. « Un an aujourd'hui. Il ne s'est guère passé une semaine sans que quelqu'un me raconte une histoire sur [Prénom], et cette semaine, c'était [la fois où il a roulé jusqu'à la mer avec le frein à main serré]. Je pense à toi. Pas besoin de répondre. »
  • À la famille qui vit loin. « Je sais que tu aurais voulu être avec nous aujourd'hui pour [Prénom]. Nous raconterons ton histoire de [la pièce montée et du chien] à table, et je t'enverrai une photo de tout le monde après. Je pense à toi, là-bas, si loin. »
  • À un collègue. « Je sais qu'aujourd'hui, cela fait un an que tu as perdu [ton père]. Il y a un café sur ton bureau, et si tu as envie de marcher un peu à midi, je suis libre. »
  • Un message public, au nom de la famille. « Un an aujourd'hui que nous avons perdu [Prénom]. On met encore [deux tasses sur la table le matin]. Merci à tous ceux qui ont continué à prendre de nos nouvelles longtemps après les obsèques. Si vous avez une histoire sur [lui], nous serions heureux de la lire ici. »

Les phrases qui tombent mal ce jour-là. « Le temps guérit tout. » « Ça doit aller mieux, maintenant. » « Je sais exactement ce que tu ressens. » Chacune demande à la personne en deuil d'être d'accord avec vous, un jour où être d'accord coûte un effort.

Envoyez-le le matin, le jour même. Si vous le pouvez, proposez une chose que vous ferez vraiment, et donnez le jour : « Je t'apporte à dîner jeudi. » Avant de reposer votre téléphone, notez la date de l'an prochain dans votre agenda, avec le prénom de la personne ; l'an prochain, moins de gens l'auront notée. Si la famille suit une date lunaire ou hébraïque, demandez-lui celle de l'an prochain. Si le premier Noël arrive avant l'anniversaire, le même genre de message aide aussi à ce moment-là, et notre guide sur le premier Noël sans un être cher propose des exemples pour l'occasion.

Pour les proches qui n'ont pas pu venir

À chaque réunion, il manque quelqu'un d'autre que la personne pour qui l'on se retrouve : la tante qui vit à l'étranger, le grand-père trop malade pour voyager. Si vous faites un discours, ils peuvent quand même l'entendre, avec votre voix. Enregistrez-le une fois tout le monde reparti, et envoyez-le-leur, joint à une lettre, avec Goodbye App. Sur l'application, une lettre à vos proches, c'est votre texte écrit et un seul enregistrement, remis par e-mail aux personnes que vous choisissez. Vous décidez du jour et de l'heure où elle part, à votre heure : ce soir même si vous voulez, ou demain matin. Si vous voulez qu'on entende votre voix plutôt que la cuisine, notre guide pour enregistrer sa voix pour ses proches donne la version simple. L'application ne peut rien faire entendre pendant la réunion elle-même : elle est faite pour ceux qui n'étaient pas dans la pièce.

Vous pouvez aussi écrire à l'avance. Dans la semaine calme qui suit un anniversaire, écrivez quelques lignes sur cette année à un parent devenu veuf, ou à vos frères et sœurs, et programmez leur envoi pour la semaine où la date reviendra. Une lettre peut être programmée jusqu'à trente ans plus tard. Une lettre correspond à un seul envoi : l'anniversaire de l'an prochain est donc une lettre à part entière, et celui de l'année suivante en est une autre.

L'application est gratuite, existe en 15 langues, sur le web comme sur Android, et chaque lettre reste privée jusqu'à son envoi. Avec la sécurité d'inactivité facultative, vos lettres peuvent aussi partir avant la date prévue, si votre compte ne donne plus signe de vie pendant le délai que vous avez réglé, entre 3 et 45 jours. Et si vous avez commencé à penser aux anniversaires que votre propre famille marquera un jour, les lettres à ouvrir après ma mort sont une façon douce de commencer.

Questions fréquentes

Que dire pour un an de décès ? Le prénom de la personne, un souvenir d'elle, et que vous pensez à celui ou celle qui porte cette journée. Cela suffit. La famille n'a pas besoin de votre sagesse ; elle a besoin d'entendre que quelqu'un d'autre a aussi la date en tête.

Faut-il forcément organiser une réunion ? Non. Bien des familles marquent le jour discrètement : une visite au cimetière, un appel entre frères et sœurs, une promenade que la personne aimait, ou rien de prévu du tout. Beaucoup de familles musulmanes ne tiennent pas de réunions à date fixe, et bien d'autres non plus. Une réunion est une façon de marquer la date, pas la mesure de votre amour.

Qui prend la parole au 40e jour ? Dans la plupart des familles, l'hôte : un fils, une fille, la veuve ou le veuf, ou la personne qui a réuni tout le monde. Les autres parlent si l'hôte les y invite.

Combien de temps doit durer un discours pour un anniversaire de décès ? Une à trois minutes pour l'orateur principal, soit environ 130 à 390 mots à un rythme lent de 130 mots par minute. Un invité devrait rester sous la minute.

A-t-on le droit de rire ? Oui. La plupart des salles y sont plus disposées qu'aux obsèques. Laissez le rire venir de la personne, pas d'une blague que vous auriez apportée, et faites-le suivre de quelque chose de vrai, pour que la salle puisse redescendre en douceur.

L'anniversaire se compte-t-il à partir du décès ou des obsèques ? La plupart des traditions comptent à partir du jour du décès. Chez les juifs, les chloshim, les 30 premiers jours, se comptent à partir de l'inhumation, et le month's mind des catholiques irlandais peut suivre l'une ou l'autre date. Les dates lunaires et hébraïques ne tombent pas le même jour du calendrier d'une année sur l'autre : demandez celle de cette année au prêtre, au rabbin, à la pagode ou au temple, ou aux anciens de la famille.

Quelqu'un peut-il lire mon texte à ma place ? Oui. Rédigez le discours en entier, en gros caractères. Avant de commencer, donnez-en une copie à une personne de confiance, pour qu'elle puisse prendre le relais si votre voix lâche, ou tout lire à votre place. Vous pouvez le dire dès le début : « C'est mon frère qui va lire ceci pour moi. » Les techniques pour lire un éloge funèbre sans pleurer fonctionnent tout aussi bien un an plus tard.

Faut-il publier un message sur les réseaux sociaux pour un anniversaire de décès ? Si la perte touche votre propre famille, une publication le jour même donne à chacun un endroit où partager une histoire. Si c'est la perte de quelqu'un d'autre, laissez la première publication à la famille, et commentez la sienne plutôt que d'en lancer une vous-même.

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